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Dimanche 11 janvier 2026 

Fête du Baptême du Christ "A"

« Alors Jean le laisse faire »

 

Isaïe 42,1-4.6-7 - Psaume 28 - Actes des Apôtres 10,34-38 - Matthieu 3,13-17

Jean-Baptiste avait déjà reconnu la présence du Messie alors qu’il était encore dans le ventre de sa mère (cf. Luc 1,39-45) et, de la même façon, il le reconnaît immédiatement lorsqu’il se présente devant lui pour être plongé dans l’eau. Sachant qu’il n’a nul besoin de ce baptême de conversion, il commence par refuser et au contraire il exprime la nécessité pour lui de recevoir un baptême de la part de Dieu-le-Fils. Mais Jésus insiste pour être manifesté publiquement comme le véritable envoyé du Père. En lui disant : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » (v.15) Jésus affirme l’importance de la prédication de Jean qui préparait le chemin du Seigneur. En plongeant Jésus dans l’eau, Jean reconnaît qu’à travers ce "baptême" ce n’est pas lui qui agit : « Alors Jean le laisse faire » (v.15)

 

La mission commence pour Jésus lors de son baptême par Jean-Baptiste : les Cieux s’ouvrent et le Père demande aux témoins d’écouter son Fils Bien-aimé, ce n’est pas un simple prophète qu’il présente aux foules mais le Fils en communion avec le Père dans l’Esprit ! « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je trouve ma joie. » (v.17)

 

Aussitôt après, Jean désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu à ses disciples au risque que ceux-ci le quittent pour suivre Jésus : « Le lendemain, Jean était encore là, avec deux de ses disciples ; et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit : Voilà l’Agneau de Dieu. Les deux disciples l’entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus ». (Jean 1,35-37)

 

Aujourd’hui encore, le Christ insiste pour que nous agissions comme nous le faisons habituellement : il se servira de nos compétences pour être manifesté au monde. Le Père le désignera aux témoins de nos actions comme le ‘Fils bien aimé’ qu’il faut écouter ; nous pourrons alors le montrer à nos contemporains comme ‘l’Agneau de Dieu’

 

Les chrétiens prennent toujours cette attitude de Jean-Baptiste comme un modèle exemplaire de détachement : sa mission de ‘préparer le chemin du Seigneur’ (cf. Jean 1,23) est terminée le Seigneur entame son chemin, il n’est plus besoin de le préparer. Nous avons reçu la Bonne Nouvelle du Salut, nous la mettions en œuvre à notre façon, le Seigneur ne recherche pas des "clones" rigoureusement identiques et ce sont justement nos différences qui mises bout à bout ou côte à côte qui vont montrer l’amour de Dieu.

 

Ainsi l’annonce de l’Evangile que je fais avec confiance doit toujours être de désigner le Christ. Je suis ainsi un nouveau Jean-Baptiste et, comme lui, je dois accepter que ceux à qui j’ai montré le Christ le suivent sur un chemin différent de celui que je leur ai indiqué car ce sera le leur ; ma mission auprès d’eux s’achève au moment où ils trouvent le chemin qui leur est propre. Alors, ensembles nous construirons l’Église pour aller vers d’autres personnes qui ne connaissent pas encore le Salut. Et nous pourrons dire : « Il faut qu’il grandisse, et que je grandisse avec Lui ! »

 

Père JeanPaul Bouvier
Prêtre en retraite – curé émérite

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