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Mercredi 24 Décembre 2025

Nuit de Noël 

Descendance de David

 

Isaïe 9,1-6 ; Psaume 95 ; Tite 2,11-14 ; Luc 2,1-14

 

Dans une lecture cursive, saint Luc semble se perdre dans des détails qui ne paraissent pas être d’une importance majeure dans la proclamation de la Bonne Nouvelle. Pourtant chacune des précisions qu’il donne fait partie de l’annonce de l’Incarnation. La naissance de Jésus – Dieu sauve – est parfaitement fixée dans le temps : sous l’empereur Auguste (-27 à +14) pendant le recensement qui a eu lieu en Judée (jusqu’à l’an 5). Elle est également bien précisée dans l’espace : à Nazareth, la ville de David la ville d’origine de la famille de Joseph qui descend du roi (cf. généalogie de Jésus en Luc 3,31).

 

Ayant ainsi mis en place la date, le lieu et la cause, Luc peut annoncer : « Le temps où elle devait enfanter fut accompli. » (v.6) L’héritier promis à David allait naître : « Je te susciterai dans ta descendance un successeur, qui naîtra de toi, et je rendrai stable sa royauté. C’est lui qui bâtira une maison pour mon nom, et je rendrai stable pour toujours son trône royal. Moi, je serai pour lui un père ; et lui sera pour moi un fils. » (Isaïe 7,12b-14a). Cette prophétie s’appliquait en premier lieu au roi Salomon mais par la suite elle a pris une dimension messianique dans les prédications des rabbis.

 

Le Seigneur est né à l’écart de la foule entassée dans la salle commune afin respecter la pudeur de la mère. La simplicité de la description de la naissance : «  Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, » (v.7), est en contraste avec toutes les précisions données auparavant : c’est un garçon qui ne peut pas être distingué des autres bébés,

 

A côté de cet anonymat apparent, la venue dans notre chair de Dieu-le-Fils devait être annoncée à ceux qui lui étaient semblables : le Pasteur éternel de l’humanité qui vient pour chercher celui qui est perdu est présenté aux bergers « qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. » (v.8). La révélation divine s’accompagne de la lumière de la Gloire pour affirmer que le "signe donné" : « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » (v.12) est la réalisation de la prophétie : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » (Isaïe 9,1)

 

Grâce à toutes ces précisions et les allusions aux prophéties de l’Ancien Testament, l’évangéliste fait découvrir à ceux pour qui il écrit qu’il s’agit : d’« un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. » (Luc 1,3-4) Ces "preuves" que saint Luc collecte nous affirment plus de 20 siècles après que l’Evangile n’est ni un livre d’Histoire, ni un conte, ni un recueil d’anecdotes sur une personne, il s’agit d’une révélation divine. Dieu-le-Père se fait connaitre par son Fils, aujourd’hui comme hier. La naissance de cet enfant est pour nous la révélation de l’amour, qu’y a-t-il de plus confiant, fragile et dépendant qu’un enfant ? C’est ainsi que le Seigneur se livre à nous aujourd’hui en confiance et fragilité. La méditation du témoignage donné par les évangélistes nous aide à ne pas trahir la confiance que Dieu met en chacun de nous.

 

Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite

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