Samedi 4 Avril
Vigile Pascale
La Parole a préparé le Salut
Genèse 1,1-2,2 + Psaume 103 - Genèse 22,1-13.15-18 + Psaume15 - Exode 14,15-15,1 + Exode 15,1-17 - Isaïe 54,5-14 + Psaume 2 - Isaïe 55,1-11+ Isaïe 12 - Baruc 3,9-15.32-4,4 + Psaume 18B) - Ezéchiel 36,16-17a.18-28 + Psaume 50 - Romains 6,3-11 + Psaume 117 – Matthieu 18,1-10
Le concile Vatican II il a voulu que la Parole de Dieu retrouve sa place dans les offices catholiques en multipliant et diversifiant les lectures bibliques. En particulier dans la liturgie des messes dominicales dans laquelle les fidèles entendent habituellement un texte de l’Ancien Testament, un Psaume, une lettre d’Apôtre et un passage d’Évangile. Il fallait rappeler dans les liturgies que la révélation de la Bonne Nouvelle avait été préparée de longue date avant que l’Incarnation de Dieu-le-Fils vînt l’accomplir : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils » (Hébreux 1,1-2a)
Dans cet esprit la restauration de la Vigile Pascale dans la nuit du Samedi Saint voulait rappeler par les textes bibliques la longue démarche pédagogique du Seigneur depuis les origines jusqu’à la victoire sur la mort annoncée par le "Premier-né d’entre les morts" (cf. Colossiens 1,18)
Sept textes de l’Ancien Testament évoquent les alliances passées que Dieu a conclues avec l’humanité. Le Seigneur rappelait régulièrement son amour par la voix de ses prophètes, offrant sans cesse son pardon aux fautes qui étaient toujours renouvelées. Malheureusement ces textes des rappels de la miséricorde de Dieu ne sont jamais tous lus. Ce sont toujours les mêmes passages qui ont proclamés et les fidèles sont privés de la richesse de ceux qui sont omis en oubliant que l’Esprit Saint offre à tous ceux qui les écoutent une signalisation supplémentaire qui guide sur le chemin du Salut.
Une épître conclut ces lectures vétérotestamentaires, elle en est l’explication : le Christ en s’affranchissant de la mort entraine avec lui tous les hommes, il passe la mort en nous emmenant derrière Lui vers le Royaume ; la Nuée passant la mer Rouge en guidant le peuple vers la Terre Promise était une figure par anticipation du Mystère de la Rédemption. Traversant l’eau baptismale, nous passons des ténèbres à la lumière, du tombeau à la Vie !
L’Évangile de saint Matthieu montre les saintes femmes venant au tombeau qui est encore fermé pour s’y recueillir. Un ange apparait pour dégager l’entrée du caveau et il les invite à y pénétrer pour vérifier qu’il ne contient plus aucun cadavre. Elles sont alors chargées d’un message urgent pour les disciples : « Puis, vite, allez dire à ses disciples : ‘Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez. » (v.7) Cette mission est confirmée par le Christ lui-même.
Ce message s’adresse aux disciples, c’est-à-dire à moi en particulier. Dans quelle Galilée le Christ me précède-t-il ? Comme eux, j’ai à retourner là où il m’a appelé à le suivre (cf. Matthieu 4,18), ce n’est pas à des surhommes que le Christ confie des missions mais à des personnes ordinaires comme moi, tel qu’il m’appelle, tel je réponds. Comme les saintes femmes, il me demande d’avertir ses frères : il est ressuscité et il les attend eux aussi pour proclamer la Bonne Nouvelle à leur façon.
Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite
