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Dimanche 9 Août 2026

19ème Dimanche du Temps Ordinaire

Être plus fort que le mal

 

 

1Rois 19,9a.11-13a - Psaume 84 - Romains 9,1-5 - Matthieu 14,22-33

 

Le matin même, Jésus, seul, avait traversé le lac en barque pour trouver un peu de solitude (cf. Matthieu 14,13). Mais dès qu’elles ont appris sa présence, des foules nombreuses sont venues de toutes les villes et villages avoisinants. Pris de compassion, il a multiplié les guérisons. Ses disciples voulaient renvoyer les foules mais il leur a montré qu’il pouvait leur faire partager les provisions qu’ils avaient prévu pour leur propre repas, cinq pains et deux poissons, avec les cinq mille personnes présentes.

 

En fin de journée, il leur demande de retraverser le lac avec la barque pendant qu’il disperse la foule. Puis afin de reprendre le projet initial qu’il avait dans la matinée il se retire dans la montagne pour prier toute la nuit. Les apôtres ont déjà traversé une partie du lac malgré le vent contraire et, vers la fin de la nuit, ils voient Jésus arriver, marchant sur les eaux. Ils croient voir un fantôme, mais il les rassure : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » (v.27) Pierre désire une preuve, il demande à venir le rejoindre sur l’eau. Mais, à cause de son peu de foi, il commence à enfoncer. Alors Jésus le saisit par la main et lui permet de regagner la barque en toute sécurité.

 

Dans la conception du judaïsme, la mer est quelque chose de mauvais, elle est la demeure du Léviathan, le mal absolu. C’est dans la mer que Jésus envoie les démons qui l’avaient supplié de les laisser se réfugier dans un troupeau de porcs (cf. Matthieu 8,32). La description du Royaume, donnée par l’Apocalypse, affirme que la mer n’existera plus (cf. 21,1), c’est-à-dire que le mal aura totalement disparu. Marcher sur la mer, c’est dominer le mal en le mettant sous ses pieds, en faire comme le dit le psaume : « le marchepied de ton trône. » (cf. 109[110],1).

 

Par ce simple mot : « Viens ! » (v.29) Jésus fait comprendre implicitement à Pierre que le fait d’accepter de venir vers Celui a le pouvoir de dominer le mal, signifié par cette marche sur la mer, lui permet de bénéficier de ce même pouvoir. Répondant spontanément à l’appel du Christ, dès les premiers pas, Pierre est désarçonné par l’impossibilité humaine de cette action. L’attractivité du mal se révèle supérieure à la confiance à la Parole du Christ comme dans le jardin d’Eden (cf. Genèse 3). La question posée par Jésus : « Pourquoi as-tu douté ? » (v.31) n’est pas réellement un reproche mais plus une surprise : comment devant l’évidence du miracle Pierre a-t-il pu douter que le Seigneur lui demandait de venir en sécurité ?

 

Cet épisode d’appel à dominer le mal s’adresse au chef des Apôtres dans l’évangile. Dans ma vie quotidienne, moi qui crois en Dieu, Père, Fils, Esprit, ce même appel nous est lancé dans de nombreuses occasions dans lesquelles le Seigneur me dit : « Viens ! » pour m’inviter à le rejoindre dans les mêmes conditions où lui-même se trouve. Mes réticences et mes hésitations sont le résultat de mon manque de foi en moi-même alors que le Christ ne doute pas que je puisse effectuer ce qu’il me demande. Il a plus confiance en mes capacités que je n’ai moi-même d’assurance en elles.

 

Le Christ me propose de marcher hardiment à sa suite en profitant de sa force à vaincre le mal pour aller jusqu’au bout de sa demande. Je pourrai alors proclamer avec saint Paul : « Je peux tout en celui qui me donne la force. » (Philippiens  4,13)

 

Père JeanPaul Bouvier

Prêtre retraité – curé émérite

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