top of page

Dimanche 8 Mars 2026

3ème Dimanche de Carême

Une foi vive

 

Exode 17,3-7 - Psaume 94 - Romains 5,1-2.5-8 - Jean 4,5-42

 

Il est rare que Jésus soit seul, il est toujours présenté comme étant entouré d’une foule qui le presse, au minimum il est avec ses Apôtres. Assis auprès du puits de Jacob, il est fatigué et il ressent la soif, preuves supplémentaires de la réalité de son incarnation. Voyant cette femme qui vient puiser, il brise deux tabous : le premier un homme ne devrait pas s’adresser à une femme inconnue, le second un juif ne devrait pas parler à une personne de la Samarie. L’échange qui s’engage ressemble à un dialogue de sourds, chacun partant d’une compréhension différente, la Samaritaine reste au niveau du concret : l’eau du puits, Jésus parle de l’eau du torrent qui donne la vie en sortant du Temple décrit par le prophète (cf. Ézéchiel 47)

 

La Samaritaine reste au niveau de ses désirs, elle aurait besoin de cette eau qui abolit la soif, mais devant les révélations que Jésus lui fait, elle comprend qu’elle parle avec un rabbi et, changeant de niveau, elle lui demande comment adorer Dieu. A travers cette femme, le Christ s’adresse à tous ceux qui cherchent une intimité avec le Père, c'est-à-dire à tous les croyants. Pour ses disciples, il précise même : « Que deux ou trois, en effet, soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d'eux. » (Matthieu 18,20) Le seul Temple où Dieu se rend présent a toujours été la réunion des croyants c'est-à-dire toutes les assemblées de prières qu’elles aient lieu dans un bâtiment consacré ou non.

 

Devant cette révélation, la Samaritaine oublie la nécessité pour laquelle elle était venue jusqu’au puits : elle laisse sa cruche (v.28), il y a plus important car c’est elle désormais qui est le récipient de l’eau vive, elle la porte spirituellement en esprit et vérité, elle ressent le besoin impérieux d’aller partager cette eau vive avec tous les habitants de Sykar. Pour présenter l’homme qu’elle a rencontré, elle utilise cette formule : « Ne serait-il pas le Messie ? » (v.29 pour exacerber la curiosité de tous ceux à qui elle porte cette bonne nouvelle : le Messie promis s’adresse à tous ceux qui cherchent à se rapprocher de Dieu, sans distinction de peuple ou de lieu !

 

Pendant que la Samaritaine parle aux habitants de Sykar, Jésus explique aux disciples que sa nourriture n’est pas seulement une question d’alimentation « c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre. » (v.34) la conversion de cette femme et de toute la ville est sa nourriture. La fatigue de son corps physique a disparu devant la compassion qu’il manifeste à tous ceux qui viennent à lui. Ces Samaritains reçoivent la Parole avec joie pendant les deux jours où le Christ demeure parmi eux. Ce qu’ils disent à la femme n’est pas pour minimiser son rôle mais au contraire pour confirmer ce qu’elle leur a annoncé.

 

Ainsi en est-il de chacun de nous ! nous avons rencontré le Christ et nous avons profité de l’eau vive de notre baptême. Comme cette femme nous montrons par nos paroles et notre attitude que nous croyons que le Seigneur nous offre une véritable communion avec Lui. Cette confiance manifestée à nos contemporains les incite à aller voir par eux-mêmes la source de notre foi, ils découvriront alors la même joie en Dieu-Trinité et par leur conversion de vie, ils confirmeront ce que nous leur avons annoncé.

 

Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite

bottom of page