Dimanche 3 Mai 2026
5ème Dimanche de Pâques
Le Christ prépare l’Église
Actes 6,1-7 - Psaume 32 - 1Pierre 2,4-9 - Jean 14,1-12
Après avoir montré à ses disciples par le lavement des pieds qu’il était venu pour servir, Jésus leur pose la question : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? » (Jean 13,12) Manifestement, ce n’est pas le cas. Tout le long discours qui va suivre cette démonstration a pour but de les armer pour qu’ils puissent vivre dans l’épreuve qui va advenir. Sans doute auront-ils l’impression que leurs espoirs sont ruinés mais ce discours les prépare à accueillir l’impossible au matin de la Résurrection, ils auront déjà les réponses aux questions qui ne manqueront pas de surgir.
Cet enseignement doit être lu sur deux niveaux. En premier il y a le rappel de l’avertissement du Christ à ses Apôtres sur ce qui va arriver : la trahison, la mort et la Résurrection. En second lieu, comme il est écrit bien après les événements, ce texte s’adresse aux communautés chrétiennes auxquelles il est transmis. Lorsqu’il parle des nombreuses demeures cela peut être lu comme les lieux où les fidèles se réunissent pour se préparer, grâce à l’enseignement de l’Église, à vivre dans le Royaume dès maintenant.
Les questions des deux Apôtres prennent tout leur sel pour les chrétiens d’aujourd’hui : nous avons un avantage sur l’Apôtre Thomas, nous savons où le Seigneur va, il retourne à la droite du Père. Quant au bon chemin pour suivre le Christ, il donne lui-même la réponse : Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Comme lui il faut se préparer de jour en jour afin d’être prêt pour traverser la mort avec confiance et ressusciter dans la Gloire de Dieu-le-Père et prendre la place que Dieu-le-Fils prépare pour chacun d’entre nous
Philippe se replace dans l’histoire du peuple hébreu et comme les grands prophètes, Moïse et Élie, il voudrait avoir la possibilité de voir Dieu sans doute pour refonder le nouveau peuple de Dieu. L’évangéliste reprend l’affirmation de son prologue : ‘Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. » (Jean 1,1) dans une nouvelle déclaration : « Je suis dans le Père, et le Père est en moi » (v.11) Cette notion de la divinité du Christ sous-tend tout l’évangile de Jean.
La conclusion de cette partie du discours après la Cène est surtout destinée aux communautés chrétiennes qui se sont formées pendant le premier siècle. Le Christ n’a pas abandonné les croyants le jour de l’Ascension, il commencera par leur donner l’Esprit Saint – troisième personne de la Sainte Trinité – pour qu’ils puissent annoncer Bonne Nouvelle à toute la terre. A ceux qui ont la foi, il donne de pouvoir faire en son nom les mêmes œuvres que lui.
Nous sommes les héritiers de ces promesses. Disciples d’aujourd’hui, nous annonçons, selon les capacités de chacun, le Salut promis à toute l’humanité depuis les origines en œuvrant pour le bien du monde : « C’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. » (Jacques 2,18)
Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite
