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Dimanche 16 Août 2026

20ème Dimanche du Temps Ordinaire

Accueillir l’inconnu

 

Isaïe 56,1.6-7 - Psaume 66 - Romains 11,13-15.29-32 - Matthieu 15,21-2

 

Ce passage de l'évangile de Saint Matthieu est particulièrement déroutant pour nous. Nous avons l'habitude de penser que le Christ accepte toutes les demandes des malades qui s’approchent de lui d’où qu’ils viennent, même les lépreux peuvent s’approcher de lui. Ce n'est pas dans ses habitudes d'ignorer une personne qui lui demande de prendre pitié d'elle.

 

L'attitude des disciples est aussi scandaleuse : ils n'interviennent pas auprès de Jésus par compassion pour cette mère éplorée, pour lui demander de guérir sa fille, ils lui demandent de la renvoyer car elle les pourchasse de ses cris, ils veulent surtout se débarrasser d'elle : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » (v,23). La réponse de Jésus à la femme est très sévère ; choquante : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » (v.26)

 

La femme, loin de s’offusquer de cette comparaison méprisante, prend Jésus au mot et utilise la comparaison à son avantage. Bien sûr elle n’appartient pas au peuple de Dieu elle ne connait pas l’histoire de l’amour de Dieu dans son ensemble, ce qu’elle sait de Jésus ne sont que des petits récits épars qui sont comme des fragments qui seraient tombés de la Révélation comme les miettes tombent de la table des maîtres selon sa propre expression.

 

La foi est une disposition du cœur et elle est alimentée autant par de petites miettes que par les connaissances. Ému par cette foi spontanée, Jésus montre à la femme que la guérison qu’elle demande provient de sa foi à elle, il lui dit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » (v.28) Ce qu’elle veut de toute la force de son amour maternel est la guérison de son enfant.

 

 

Interpelés par ce texte, à plus d’un titre, pour essayer de mieux comprendre nous ne pouvons que prendre la place de l’un ou l’autre des participants.

 

Rien ne peut arrêter la Cananéenne ! Quand nous cherchons à nous approcher du Christ, nous n’avons pas toujours cette détermination, quelquefois nous hésitons à cause des réflexions qui dévalorisent notre démarche. Notre demande n’a alors aucune chance d’aboutir, au lieu de « que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » (v.28), le Christ nous dira comme à Pierre : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14,31)

 

Les disciples ont tendance à vouloir garder le Christ rien que pour eux et à éloigner tous les importuns qui se présentent pour s’installer dans une vénération statique : construire des tentes pour profiter de la Transfiguration (cf. Matthieu 17,3)

 

Jésus cherchait-il à tester ses disciples par cette attitude ? Veut-il leur faire comprendre que leur mission d’évangéliser le monde, pour essentielle qu’elle soit, ne doit pas leur faire oublier les personnes. Ce sont ceux qu’ils cherchent à écarter qui leur montreront le chemin.

 

Gardons ces avertissements dans notre esprit et notre prière.

 

Père JeanPaul Bouvier

Prêtre en retraite – Curé émérite

 

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