Jeudi 1er Janvier2026
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Nombres 6,22-27 - Psaume 66 - Galates 4,4-7 - Luc 2,16-21
Á peine dix mois se sont écoulés depuis que Marie a reçu la visite de l’ange. Depuis son plus jeune âge, comme toute jeune fille juive, elle a été formée à attendre la réalisation de la prophétie prononcée par Isaïe (7,14) : « Voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » Elle est préparée spirituellement à être celle à qui le Seigneur confiera la mission de porter l’enfant qui sera le signe de l’amour de Dieu pour son peuple. Lorsque l’ange lui apparait, elle est étonnée mais elle n’est pas surprise. C’est le premier événement qu’elle médite.
En très peu de temps, les évènements s’enchainent. Elle constate la réaction de l’enfant porté par sa cousine Élisabeth : il reconnait que Marie porte le Sauveur, avant même de naitre il proclame celui qui doit venir. La salutation d’Élisabeth que Marie est venue aider dans les derniers mois de sa grossesse contient également l’affirmation de la divinité du "fruit de ses entrailles". Sans doute aurait-elle préféré rester tranquillement dans son foyer pour avoir son enfant aidée par ses amies et ses voisines mais un édit impérial l’a obligée à venir jusqu’à Bethléem pour le recensement alors qu’elle est sur point d’accoucher, a-t-elle pensé à la prophétie désignant cette ville comme berceau de celui qui doit guider Israël (cf. Michée 5,1) ?
Après la naissance de son enfant, elle a entendu les bergers raconter ce qu’ils avaient vu et entendu dans la nuit, la lumière, les chœurs célestes, tout le merveilleux qui entourait l’annonce du Sauveur.
D’autres évènements viendront dans sa vie, elle sera toujours à côté de son fils. Elle assure une présence discrète pleine de foi, comme à Cana où elle est attentive aux détails qui pourraient nuire à la joie de la fête. Elle passe outre la rebuffade de Jésus car elle sait qu’il l’écoutera (cf. Jean 2). Elle souffre dans sa présence maternelle au pied de la croix en voyant son fils souffrir dans sa chair et dans son esprit. Alors qu’il n’annonçait que l’amour, le Mal semble être vainqueur (Jean 19,25) Elle est présente dans le Cénacle et partage avec les Apôtres la joie du jour de la Pentecôte (cf. Actes 1,14)
Marie médite tout cela sans cesse.
La Vierge Marie reste toujours celle qui a dit à l’ange : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Luc 1,38) Lorsque son fils lui confie le disciple qu’il aimait (cf. Jean 19,27), elle comprend qu’au-delà de l’anonymat de ce disciple, elle reçoit la mission d’avoir auprès de chaque homme et femme la même attitude de présence discrète qu’elle a eu pour le Verbe fait chair. Une présence maternelle toute de douceur et de protection.
L’enrichissement de la liturgie par le concile Vatican II a voulu que le début de l’année civile propose aux croyants une attention toute particulière à la prière mariale en soulignant que la Mère de Dieu est aussi donnée comme mère à chacun. La nouvelle Eve : « L’homme appela sa femme Ève (c’est-à-dire : la vivante), parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. » (Genèse 3,20) Marie, Mère du corps charnel de Dieu-le-Fils est aussi mère du Corps mystique du Christ, l’Église. Elle est ainsi la mère de tous les vivants.
Père JeanPaul Bouvier
Prêtre en retraite – curé émérite
