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Dimanche 2 Août 2026

18ème Dimanche du Temps ordinaire

Être à l’image du Christ

 

Isaïe 55,1-3 - Psaume 144 - Romains 8,35.37-39 - Matthieu 14,13-21

 

Les Évangiles n’évoquent que deux rencontres entre Jean-Baptiste et Jésus, mais, à chaque fois, le premier affirme la divinité du second et son rôle messianique. Lors de la Visitation, si l’on peut effectivement parler de rencontre, depuis le sein de sa mère Jean-Baptiste reconnaît le Messie porté par la Vierge Marie ; il tressaille dès que celle-ci salue Élisabeth (cf. Luc 1,41). La seconde rencontre a lieu au moment du baptême de Jésus dans le Jourdain, et là, il reconnaît le Christ en disant qu’il n’est pas digne de le baptiser. Mais le Christ lui demande de laisser faire pour l’instant et Jean-Baptiste obtempère ce qui entraine la théophanie, voix du Père et colombe de l’Esprit (Matthieu 3,15).

 

Apprenant la mort du Précurseur, Jésus éprouve sans doute, au fond de son humanité, une grande émotion : l’annonce du Royaume ne repose plus que sur lui. Il ressent la même nécessité de se retirer au désert comme il l’avait fait après son baptême. Il aurait voulu pouvoir rester seul avec son Père dans l’Esprit, afin de préparer la continuité de l’annonce de l’Évangile. Mais la foule le devance et, au lieu de se retrouver isolé, il est entouré par de nombreuses personnes animées d’espoirs fous, quémandant un geste, une parole, une guérison. Malgré la peine éprouvée par l’annonce de la mort de Jean-Baptiste, malgré son désir de solitude, Jésus voit les foules qui se sont précipitées, abandonnant leur maison et leurs occupations pour être autour de lui. Oubliant sa fatigue, Le Christ, est pris de compassion, et s’occupe de la foule au lieu de penser à lui-même.

 

Le Seigneur reste avec les personnes tout au long de l’après-midi, passant de l’une à l’autre pour leur apporter du réconfort, des guérisons, pour être présent à toute personne qui aurait besoin de lui. En fin de journée, les disciples s’inquiètent de savoir comment cette foule pourra se nourrir correctement, et ils proposent à Jésus de les renvoyer. Mais le Christ ne peut pas renvoyer ceux et celles qui attendent tant de lui, il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils n’ont pourtant avec eux qu’une maigre ration : cinq pains et deux poissons. Que faire avec si peu pour cette foule innombrable ? Contrairement aux Hébreux dans le désert (cf. Exode 16,2) ce ne sont pas les foules qui récriminent pour avoir de quoi manger, c’est le Seigneur qui va au-devant de leurs besoins vitaux. Elles seront rassasiées par le véritable pain venu du ciel, une nouvelle manne bien supérieure à celle de l’Ancien Testament.

 

Le soir du Jeudi saint, après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus leur dit : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » (Jean 13,15) Il révèle ainsi que le service doit être au cœur de la vie de celles et ceux qui croient en lui. C’est le cas également de la multiplication des pains : être disciple du Christ, ce n’est pas d’abord chercher ce que nous désirons pour nous-mêmes, mais, quelques soient nos problèmes personnels ou nos désirs, nous mettre à l’écoute de ceux qui nous entourent et de ceux qui viennent vers nous. Beaucoup attendent une parole de réconfort, un moment d’attention, un peu de compréhension. En répondant à ces attentes avec simplicité et charité, nous devenons davantage disciples du Christ. À son image, nous pouvons alors continuer l’annonce de l’Évangile, non seulement par nos paroles, mais aussi par nos actes, afin que la Bonne Nouvelle rejoigne les personnes dans leurs besoins concrets comme dans leur intelligence et leur vie spirituelle.

 

Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite

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