Dimanche 19 Avril 2026
3ème Dimanche de Pâques
Rester avec le Christ
Actes 2,14.22-33 - Psaume 15 - 1Pierre 1,17-21 - Luc 24,13-35
Ces deux hommes qui prennent la route vers Emmaüs sont restés à Jérusalem : ils ne pouvaient pas entreprendre de partir pour une route pendant le sabbat, jour sacré où tout travail était interdit. D’autant que ce sabbat-là était « le grand jour de la Pâque » (Jean 19,31) Sans doute avaient-ils participé au repas pascal avec d’autres disciples mais le cœur n’y était pas. Le "premier jour de la semaine", ils décident de rentrer chez eux, tout espoir est forclos. Avant leur départ, ils entendent quelques femmes qui venaient du lieu de sépulture et qui disaient avoir vu le maître vivant. Elles devaient être trop éprouvées par les violences qui s’étaient déchainées sur lui. Ils ne croyaient pas à ces déclarations de ces femmes plus ou moins hystériques, même si deux d’entre eux étaient allé voir et ils avaient confirmé leurs dires.
Complètement désespérés, ils ne pouvaient pas parler d’autre chose que des événements qu’ils avaient vécus depuis quelques années lorsqu’un inconnu les rejoint sur leur route. Feignant l’ignorance, il leur fait raconter ce dont ils croyaient avoir été témoins. Reprenant alors ce qu’ils disent il commence à leur montrer que les apparences cachaient l’accomplissement du projet de Dieu depuis les origines. Tout cela était écrit leur explique-t-il ; « Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (v.26) Jésus reprend pour eux les livres sacrés de la Loi et des prophètes pour qu’ils réalisent qu’ils sont en présence de Celui qui est à l’origine de tous ces textes, la source même de la Parole.
Les disciples commencent à comprendre que les prédications de Jésus prennent corps et que leur réalisation est à l’œuvre chez les hommes de bonne volonté. Leur soif d’apprendre à lire les Écritures comme une véritable révélation de l’amour de Dieu fait qu’ils veulent conserver avec eux cet homme qui les explique si bien. À table le Christ leur montre qu’il est celui qui partage son corps et son sang pour le Salut de l’humanité. Cette fraction du pain est le signe qui parachève leur révélation et les envoie annoncer à leurs frères : « Le Christ est Ressuscité ! »
Bien souvent les chrétiens se sentent dans la même situation que celle des compagnons d’Emmaüs, déconcertés par l’inaction du Christ qui semble être absent de nos vies et – comme eux – nous n’entendons pas ceux et celles qui proclament leur rencontre avec Jésus vivant au milieu de nous. Une rencontre fortuite peut être un renouvellement de notre relation au Seigneur. Malheureusement dans ces périodes où nous nous sentons isolés, nous n’avons pas forcément le réflexe de nous tourner vers la Parole pour l’écouter nous rasséréner et nous faire trouver le sens de notre vie. La participation à la messe est l’aide qui nous est nécessaire, une des lectures et quelquefois une phrase ou même un simple mot va être le signe que le Christ nous envoie pour nous rappeler qu’il est là tout proche. Les compagnons d’Emmaüs sont le modèle de tout chrétien qui demande à profiter de l’instruction du Christ non pas pour le conserver égoïstement pour la porter à nos frères et sœurs qui nous partageront leur expérience personnelle pour que nous progressions ensemble sur le chemin de Dieu.
Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite
