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Dimanche 28 Juin 2026

13ème Dimanche du Temps Ordinaire

Être digne

 

2Rois 4,8-16a - Psaume 88 - Romains 6,3-11 - Matthieu 10,37-42

 

Par trois fois Jésus déclare indigne de lui des attitudes qui semblent hors de la portée d’une personne ordinaire. Les deux premières exigences concernent ce qui est le plus cher pour un être humain : ses parents et ses enfants, la dernière est d’accepter et porter jusqu’au bout la mission qui est confiée à chacun comme saint Paul le rappelle : « Il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. » (Philippiens 2,8).

 

Dieu-le-Fils s’est incarné, vrai Dieu et vrai homme, tout au long de son enfance jusqu’au début de sa vie publique, il respecte ses parents comme cela est indiqué après l’épisode de son entretien avec les docteurs de la Loi dans le Temple de Jérusalem : « Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. » (Luc 2, 51). Après le baptême par Jean, la prédication du Salut offert à l’Humanité devient primordiale, les parents passent au second plan : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » (Luc 8,51)

 

La constatation de ne pas être digne du Christ n’empêche pas la confiance du centurion qui vient lui demander son aide, sa phrase : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » (Matthieu 8,8) est reprise par les fidèles qui se l’applique à eux-mêmes au moment de recevoir le Corps du Christ par la communion.

 

Appliquée à la vie du chrétien, cette parole ne demande pas de rechercher la souffrance pour elle-même, ni de mépriser les affections légitimes qui construisent une existence. Elle invite plutôt à reconnaître que le Christ doit occuper la première place, non comme un rival de ceux que nous aimons, mais comme la source même d’un amour plus vrai, plus libre et plus fidèle.

 

Quant à prendre sa croix cela consiste souvent à accueillir avec foi les responsabilités ordinaires. Suivre le Christ suppose donc une conversion patiente du cœur. Le chrétien ne marche pas derrière un maître lointain, mais derrière Celui qui a lui-même porté la croix par amour pour nous. Ainsi, dans la maladie, les contrariétés familiales, les incompréhensions, les fatigues du service ou les choix difficiles, il peut découvrir le chemin du Seigneur. La fidélité devient féconde lorsqu’elle est vécue dans l’amour.

 

Être digne du Christ ne signifie pas être parfait par ses propres forces. Personne ne peut se présenter devant lui en revendiquant un mérite suffisant. Mais celui qui accepte de se laisser conduire, de préférer la volonté de Dieu à ses sécurités, de recevoir la grâce dans la prière et les sacrements, entre dans cette dignité nouvelle qui est donnée par le baptême : la force de résister au péché pour vivre avec le Christ.

 

La croix du chrétien devient un passage, parce qu’elle est portée avec le Ressuscité. Celui qui perd sa vie à cause du Christ ne la détruit pas ; il la reçoit autrement, purifiée de la possession et ouverte au don. Dans les gestes humbles de charité, dans l’accueil du plus petit, dans la persévérance silencieuse, le disciple manifeste que sa vie appartient déjà au Royaume.

 

Père JeanPaul Bouvier
Prêtre retraité – curé émérite

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