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Dimanche 17 Mai 2026

7ème Dimanche de Pâques

Jésus investit ses disciples

 

Actes 1,12-14 - Psaume 26 - Pierre 4,13-16 - Jean 17,1b11a

 

À la lecture de ce passage du IVe Évangile (Jean 13,31-17,26), il peut sembler que certaines formules se répètent ou se répondent ; en réalité, chaque développement apporte sa contribution à l’édifice d’ensemble et fait avancer l’intelligence spirituelle de ceux qui méditeront ce texte. Jésus y évoque sa glorification et y associe ses disciples, non seulement ceux qui étaient présents lors de la Cène, mais encore tous ceux qui, au fil des siècles, croiront en lui.

 

Jésus envoie ceux qui croiront en lui pour prolonger sa présence au cœur du monde. Une telle mission demeurerait hors de notre portée si nous n’étions pas unis au Père à l’exemple du Fils ; c’est pourquoi Jésus demande que nous recevions la même gloire que la sienne, cette gloire qui procède de Dieu et retourne à Dieu. Le Christ a glorifié le Père en « accomplissant l’œuvre qui lui avait été confiée » (cf. v. 4). Ceux qui lui sont configurés par le baptême sont, à leur tour, appelés à glorifier le Père en accomplissant l’œuvre qui leur est confiée aujourd’hui.

 

Saint Jean précise la nature de l’œuvre confiée aux croyants en explicitant celle même du Christ : « Je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues. » (v.8) Les chrétiens reçoivent la Parole de Dieu, inscrite dans l’Écriture et transmise par la Tradition de l’Église ; ils ne la reçoivent pas pour la conserver jalousement, mais pour la communiquer avec générosité autour d’eux, à l’exemple du Christ qui l’a offerte à tous ceux qui voulaient l’entendre.

 

L’annonce du Royaume de Dieu n’est ni le privilège d’une élite ni l’objet d’un savoir ésotérique réservé à quelques initiés : elle procède d’un don reçu dans la foi, accueilli dans l’humilité et transmis dans la charité. Il ne s’agit pas d’abord de posséder une science exceptionnelle ni de disposer de moyens extraordinaires, mais de consentir à ce que la Parole de Dieu prenne chair dans une existence, l’éclaire, la purifie et la configure peu à peu au Christ. C’est ainsi que le témoignage chrétien devient fécond : non par l’éclat des apparences, mais par la fidélité quotidienne à une parole reçue, méditée et mise en pratique.

 

Les formes de cette mission sont diverses, car l’Esprit Saint ne distribue pas ses dons d’une manière uniforme. À certains il est donné de servir l’intelligence de la foi, dans le silence d’un cabinet de travail, par l’étude, l’enseignement, la prédication ou la rédaction d’ouvrages de théologie et d’exégèse. À d’autres il est demandé de quitter leur terre, de consentir à l’éloignement, au dépouillement et parfois à l’insécurité, afin de porter l’Évangile là où il est peu connu ou insuffisamment entendu. D’autres encore sont appelés à manifester la présence du Royaume au cœur des réalités les plus ordinaires de l’existence, dans la vie familiale, professionnelle, sociale ou ecclésiale, par une patience humble, une parole juste, une attention fidèle et un service discret.

 

Mais, sous cette diversité de vocations et de ministères, demeure une même exigence pour tous : être dans le monde sans appartenir à l’esprit du monde, et faire rayonner, au milieu des hommes, la charité même du Christ. Il est demandé à chacun d’être proche de ses contemporains, de porter sur eux un regard de miséricorde, d’accueillir leurs pauvretés, leurs attentes et leurs blessures, sans dureté ni condescendance. Car évangéliser ne consiste pas seulement à transmettre un enseignement vrai ; c’est encore apprendre à aimer comme le Christ a aimé, avec patience, vérité et compassion. Ainsi, par des chemins très différents mais dans une même fidélité, tout baptisé participe à l’œuvre du Seigneur et concourt, selon sa mesure propre, à rendre visible au cœur du monde la présence du Royaume de Dieu.

Père JeanPaul Bouvier

Prêtre retraité – curé émérite

 

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